[This Document is the Property of His Britannic Majesty's Government.]
AFFAIRS OF CHINA.
CONFIDENTIAL.
364
[October 27.]
0.
SECTION 1.
45640
No. 1.
Memorandum by M. Cambon~(Communicated to Foreign Office, October 27, 1906.)
A la date du 22 Mai dernier, le Secrétaire d'Etat pour les Affaires Etrangères a bien voulu remettre à l'Ambassadeur de France un Mémorandum relatif aux massacres de Nan-tchang du 25 Février, 1906. Sir E. Grey attribuait toute la responsabilité de ces déplorables incidents à la conduite imprudente des missionnaires Catholiques, et il protestait en termes assez vifs contre l'établissement de relations officielles entre les missionnaires Catholiques et les fonctionnaires provinciaux du Céleste Empire.
L'Ambassadeur de France est chargé de faire observer au Secrétaire d'État pour les Affaires Etrangères que les droits des missionnaires Catholiques en Chine ne sont pas réglés par le Traité de Tien-tsin, cité dans son Mémorandum du 22 Mai, mais par le Décret Impérial du 15 Mars, 1899, relatif à l'exercice de la religion Catholique en Chine. Ce Décret Impérial est appliqué depuis huit ans; il concerne tous les missionnaires Catholiques, aussi bien Anglais, Allemands, Italiens, que Français; il est bien connu des autorités Britanniques, et il semble même, d'après les conversations du Chargé d'Affaires de France et de celui d'Angleterre relativement à la présente affaire, que ce dernier l'interprète d'une façon plus large que son collègue de France. Les instructions les plus strictes ont été données aux agents et missionnaires Français afin d'empêcher ces derniers de s'immiscer dans les affaires d'argent, querelles, litiges et procès intéressant les Chrétiens indigènes; instructions qui paraissent avoir été rigoureusement observées, et en particulier dans l'affaire de Nan-tchang.
Dans le plus bref délai possible, le Ministre de France à Pékin a chargé un Secrétaire de sa Légation, M. du Halgouët, de se rendre à Nan-tchang, où il est arrivé le 20 Mars, 1906. De l'enquête minutieuse à laquelle il s'est livré, il résulte que les missionnaires ne peuvent être tenus pour responsables, ni du suicide du Magistrat Chinois, ni des désordres qui ont ensanglanté Nan-tchang, et que l'on se trouve simplement en présence d'une de ces explosions de Xénophobisme si fréquentes en Chine et que les mandarins sont loin de décourager. L'enquête du Vicomte du Halgouet eût certainement été facilitée si le Consul d'Angleterre à Nan-tchang eût bien voulu le seconder et lui communiquer les résultats de ses propres recherches. Mais Mr. Werner a refusé de s'associer aux démarches de l'agent Français, et il a quitté Nan-tchang le 20 Mars, jour de l'arrivée de M. du Halgouët, qui a eu quelque peine à le joindre à bord de la canonnière sur laquelle Mr. Werner était déjà embarqué.
Lorsque le règlement de cette affaire fut terminé à Pékin, le Chargé d'Affaires d'Angleterre n'a pas dissimulé au Ministre de France qu'à son avis, M. Bapst avait fait preuve de trop de condescendance envers le Gouvernement Chinois en acceptant les termes de la proclamation du Gouverneur du Kiang-si relative aux réclamations des Chrétiens Chinois.
Il semble donc que le Mémorandum du 22 Mai dernier ait été rédigé sur des informations hâtives et qui ne cadrent en aucun point avec celles qu'a recueillies l'enquête minutieuse de l'agent Français.
Le même Mémorandum cite à la fin l'opinion donnée par le Rapporteur du Budget des Affaires Etrangères pour 1906. L'Ambassadeur de France croit devoir rappeler au Secrétaire d'Etat pour les Affaires Étrangères que les rapporteurs des budgets en France sont des Députés ou des Sénateurs, qui n'expriment dans leurs rapports que leurs avis personnels et qui ne représentent en aucune façon le Gouvernement de la République. Leurs opinions n'ont pas plus de poids que celles des membres du Parlement Britannique, dont l'Ambassadeur de France n'a pas coutume de s'autoriser dans sa correspondance officielle.
Ambassade de France à Londres,
le 26 Octobre, 1906.
[2183 dd-1]
[This Document is the Property of His Britannic Majesty's Government.]
AFFAIRS OF CHINA.
CONFIDENTIAL.
364
[October 27.]
0.
SECTION 1.
45640
і
[36220]
No. 1.
Memorandum by M. Cambon~(Communicated to Foreign Office, October 27, 1906.) I OFC 06
A LA date du 22 Mai dernier, le Secrétaire d'Etat pour les Affaires Etrangères a bien voulu remettre à l'Ambassadeur de France un Mémorandum relatif aux massacres de Nan-tchang du 25 Février, 1906. Sir E. Grey attribuait toute la responsabilité de cos déplorables incidents à la conduite imprudente des missionuaires Catholiques, et il protestait en termes assez vifs contre l'établissement de relations officielles entre les missionnaires Catholiques et les fonctionnaires provinciaux du Céleste Empire.
L'Ambassadeur de France est chargé de faire observer au Secrétaire d'État pour les Affaires Etrangères que les droits des missionnaires Catholiques en Chine ne sont pas réglés par le Traité de Tien-tsin, cité dans son Mémorandum du 22 Mai, mais par le Décret Impérial du 15 Mars, 1899, relatif à l'exercice de la religion Catholique en Chine. Ce Décret Impérial est appliqué depuis huit ans; il concerne tous les missionnaires Catholiques, aussi bieu Anglais, Allemands, Italiens, que Français; il est bien connu des autorités Britanniques, et il semble même, d'après les conversations du Chargé d'Affaires de France et de celui d'Angleterre relativement à la présente affaire, que ce dernier l'interprète d'une façon plus large que son collègue de France. Les instructions les plus strictes ont été données aux agents et missionnaires Français afin d'empêcher ces derniers de s'iminiscer "dans les affaires d'argent, querelles, litiges et procès intéressant les Chrétiens indigènes ; instructions paraissent avoir été rigoureusement observées, et en particulier dans l'affaire de Nan-tchang.
ces
Dans le plus bref délai possible, le Ministre de France à Pékin a chargé un Secrétaire de sa Légation, M. du Halgouët, de se rendre à Nan-tehang, où il est arrivé le 20 Mars, 1906. De l'enquête minutieuse à laquelle il s'est livré, il résulte que les missionnaires ne peuvent être tenus pour responsables, ni du suicide du Magistrat Chinois, ni des désordres qui ont ensanglanté Nan-tchang, et que l'on se trouve simplement en présence d'une de ces explosions de Xénophobisme si fréquentes en Chine et que les mandarins sont loin de décourager. L'enquête du Vicomte du Halgouet eût certainement été facilitée si le Consul d'Angleterre à Nan-tchang eût bien voulu le seconder et lui communiquer les résultats de ses propres recherches. Mais Mr. Werner a refusé de s'associer aux démarches de l'agent Français, et il a quitté Nan-tchang le 20 Mars, jour de l'arrivée de M. du Halgouët, qui a eu quelque peine à le joindre à bord de la canonnière sur laquelle Mr. Werner était déjà embarqué.
Lorsque le règlement de cette affaire fut terminé à Pékin, le Chargé d'Affaires d'Angleterre n'a pas dissimulé au Ministre de France qu'à son avis, M. Bapst avait fait preuve de trop de condescendance envers le Gouvernement Chinois en acceptant les termes de la proclamation du Gouverneur du Kiang-si relative aux réclamations des Chrétiens Chinois.
Il semble donc que le Mémorandum du 22 Mai dernier ait été rédigé sur des informations hâtives et qui ne cadrent en aucun point avec celles qu'a recueillies l'enquête minutieuse de l'agent Français.
Le même Mémorandum cite à la fin l'opinion donnée par le Rapporteur du Budget des Affaires Etrangères pour 1906. L'Ambassadeur de France croit devoir. rappeler au Secrétaire d'Etat pour les Affaires Étrangères que les rapporteurs des budgets en France sont des Députés ou des Sénateurs, qui n'expriment dans leurs rapports que leurs avis personnels et qui no représentent en aucune façon le Gouvernement de la République. Leurs opinions n'ont pas plus de poids que celles des membres du Parlement Britannique, dont l'Ambassadeur de France n'a pas coutume de s'autoriser dans sa correspondance officielle.
Ambassade de France à Londres,
le 26 Octobre, 1906.
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[2183 dd-1]
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